"J’aime raconter des histoires…"


Pour retrouver la mémoire, Avignon, narrateur, fait jouer sur scène quelques scènes de son passé par ses fantômes…

To be or not to be Avignon est une interrogation : qui est Avignon, qui a été Avignon?

Vingt tableaux qui racontent l’homme confronté à l’histoire ou à sa propre destinée.

Vingt tableaux de comédie, d’humanisme… et de cruauté, de grotesque, de naïveté, de férocité, de tragique.

Vingt tableaux qui nous dessinent une Cité.

Vingt tableaux en guise de lettre d’amour au théâtre!

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Les critiques en parlent...

 

 

"Un voyage envoûtant"
Par Nathalia Brignoli
Paris-Match - Suisse

« Un voyage à travers le passé d’une ville qui fut majestueuse. A travers l’histoire d’une cité méconnue et des personnages d’envergure, de Jules César, au Pape Jean XXII, en passant par Sade, Hugo, Pagnol… En vingt tableaux interprétés avec justesse et puissance, Stephan Caso nous raconte Avignon, son passé, ses tragédies, sa violence.

Ici, c’est bien Avignon qui s’incarne et interpelle notre mémoire.

 

C’est féroce, envoûtant, parfois très drôle aussi… Ecrite, conçue et interprétée par Stephan Caso, avec une mise en scène de Christophe Barbier, cette création nous émerveille et nous secoue. Beauté et précision du texte, mise en scène au cordeau, la magie opère et nous emporte tout au long du spectacle, dans l’ Ancienne chapelle de l’Abbaye Sainte-Catherine, salle emblématique du Théâtre du Chêne noir. »

Nathalia l. Brignoli, journaliste Paris Match Suisse, octobre 2020   

"Chantons sur le pont"

Par Élisabeth Hennebert
Les Trois Coups

"Une désopilante autobiographie de la Cité des Papes racontée par elle-même et mise en scène par Christophe Barbier.
 

Sous forme d’un long monologue scénique, Avignon personnifiée donne à entendre sa propre histoire. On attendait un conventionnel exercice de style historico-soporifique. Mais la salle comble, pour cette soirée de réouverture du Chêne Noir après les mois Covid, a accueilli un OTNI (Objet Théâtral Non Identifié) : comédie musicale sans chansons, seul en scène pour vingt comédiens, hors sujet permanent à qui l’on a pourtant envie de décerner une mention.

Qu’on s’entende bien sur les termes : personne n’a dit que c’était un spectacle musical. Personne ne chante et les airs entendus ne sont pas interprétés en live. Pourtant l’espiègle auteur-interprète mise tout sur le rythme et la mélodie et sait que le rire n’est pas tant affaire de bons mots que de bonne allure. Musicien, il a rédigé son texte comme on compose une partition, avec un sens impeccable du dosage, de la scansion, de la syncope, de la cadence. Les vingt tableaux s’enchaînent comme le mécanisme d’un ragtime. Musique nulle part, allure partout. Le solide métier de ce compositeur, passé au théâtre, lui permet ensuite d’aller un cran plus loin. Son oreille entend et restitue à la perfection le timbre des voix. En d’autres termes, il a l’ouïe fine de l’excellent imitateur.
 

Stephan Caso, couteau suisse de l’interprétation 

C’est l’aspect le plus inattendu. Bien que seul en scène, le comédien produit devant nous un festival d’acteurs différents. Ce ne sont pas seulement les personnages historiques qui se succèdent dans le souvenir d’Avignon racontant sa vie. Le narrateur déplie une à une les lames de son Victorinox multifonctions et imite les célébrités actuelles, comme si elles étaient venues prêter leur voix aux grands hommes de l’histoire. De même qu’un couteau suisse n’est pas une vraie boîte à outils adaptés et confortables, chaque imitation n’est pas nécessairement la plus attendue pour incarner un tel ou un tel. De ce malicieux ajustement entre un personnage historique et une voix d’aujourd’hui naît un procédé comique irrésistible et, je crois, inédit.

Je ne déflorerai qu’un tout petit bout du début. Imaginer Jules César incarné par Jean-Pierre Marielle, il fallait oser… Et cela fonctionne très bien. César en ressort un peu moins statue, un peu plus homme. Au deuxième binôme, on est plié de rire ; au troisième, on frôle la crampe de zygomatiques. Dans des registres diamétralement opposés, l’apparition du marquis de Sade et celle de l’officier nazi sont inoubliables. Et la standing ovation de la fin doit beaucoup à ces moments où le public se déchaîne.
 

Le déroulé chronologique n’a plus vraiment d’importance. On aurait pu s’attendre à un devoir d’histoire assez scolaire ; on découvre un joli produit d’artisanat qui sait prendre ses distances avec l’anecdote régionaliste pour atteindre à l’universel, voire au poignant, sans jamais être pesant. Bref, cette pièce met un coup de canif dans le genre « archi pénible » du théâtre historique, pour en faire une belle rigolade qui nous conduit à nous moquer de tout. Et surtout du présent."


Élisabeth Hennebert, Les Trois Coups

 

"Un exploit de Stéphane Caso"

Par Jean-Michel Gautier
RegArts
 

"Avec un titre pareil il est clair qu'on se place en référence au théâtre, que celui-ci va avoir une large place, mais l'homme en aura tout autant. Stéphane Caso choisit d'entrée de jeu une approche théâtralisée de la ville d'Avignon, une approche où l'homme est au centre de cette cité, où l'on en perçoit tout son être, mais ses fêlures aussi. C'est l'homme au cours de l'histoire, le grand ou le petit, l’illustre ou le méconnu, l'homme avec un grand H.
 

On démarre dans le passé lointain de la Gaule Romaine avec Jules César, ce n'est pas le moindre pour arriver jusqu'à nous après avoir côtoyé entre autres Pétrarque, les Papes, Molière, les frères Montgolfier, Napoléon, Sade et la guerre de 40. Il faut reconnaître que ce large panel est d'une richesse inouïe et l'auteur ne s'en prive pas.
 

Il était une ville, au départ petit bourg, desservi par un pont de bois qui a grossi avec les ans s'est fortifié sous les Papes exilés en France, pour devenir un temps terre pontificale. Les pontifes partis, le palais a subi toutes les agressions possibles. Le reste de la ville marqué par cette présence s'est rempli d'hôtels particuliers, de monastères et d'églises.

Grande fresque où se côtoie le meilleur et le pire, grande peinture en clair-obscur qui se déploie dans un théâtre à ciel ouvert. Au cours de son histoire Avignon n'aura été qu'un théâtre permanent, un lieu d'échange et de confrontations, un lieu d'exposition. Vingt tableaux pour résumer l'histoire de la ville, mais quelle histoire !
 

Stéphane Caso a fort bien écrit cette pièce qu'il porte seul au bout des lèvres au milieu des chaos du récit. Dans le décor naturel de la chapelle qui héberge le Chêne Noir et qui devient le temps du spectacle un magnifique lieu offrant mille possibilités.  La mise en scène épurée de Christophe Barbier, l'homme à l'écharpe rouge lui laisse le champ libre pour développer son récit, construire ses personnages et dérouler le fil de l'histoire.

Un bémol : la moquerie du festival d'Avignon, mal venue. Car sans lui point de Off... et puis combien de belles pièces vues l'ont été dans le In et c'est normal, il ne faut pas l'oublier... alors point n'est besoin de railler le In car il y a plus à jeter dans le Off c'est certain me semble-t-il.

Un grand bravo à Stéphane Caso, le musicien, compositeur, auteur nous montre ses qualités de comédien, remarquable, inventif… sa pièce est un bijou et lui un véritable orfèvre!"
 

Jean Michel Gautier, RegArts, octobre 2020